Les 3Socs à La Rochelle, Edition 2007

A LA ROCHELLE COMME SI VOUS Y ETIEZ. Comme l'année dernière, ce blog est destiné à apporter en temps réel, à tous ceux qui ne peuvent pas s'y rendre, et notamment à tous les membres des 3Socs, toutes les informations sur ce qui se passe à La Rochelle.

01 septembre 2007

compte-rendu de la réunion sociale-democratie à l Oratoire

COMPTE RENDU DE LA REUNION SD DU 31AOUT AU MATIN

Après une courte introduction faite par Jean-Christophe Cambadélis « on passe d’une phase où la référence était DSK  à une phase collective de sensibilité autour d’un périmètre défini dans le parti » et par Jean-Paul Huchon, Laurent Baumel présente le projet du Manifeste.

De nombreuses interventions de la part des participants (environ 150) permettront d’affiner certains points tant sur la doctrine que la sémantique, ou de combler quelques lacunes.

Laurent_Baumel

Présentation par Laurent du Manifeste et de ses principales idées.

Laurent rappelle le processus de construction du Manifeste, par le biais de contributions collectives ou individuelles au courant de l’été. Le document n’est pas une synthèse mais un « halo » commun de problématiques et de réponses, dans leurs grandes lignes du moins.

C’est un document en cours de finalisation qui a pour ambition d’être le socle du renouveau du socialisme, « un corpus idéologique de valeurs communes à 37 000 militants »,  mais aussi de la gauche qui s’est reconnue dans les idées de DSK. Ce n’est pas un point d’arrivée mais un point de départ pour clarifier et fixer notre identité politique.

Il s’inscrit dans l’agenda de la rénovation doctrinale du parti. Il prend au sérieux la rénovation et pose les questions, se déclare en rupture avec les habituels modes de pensée « administratives et ministérielles ».

Les idées forces qui résument le Manifeste :

- un compromis assumé avec l’économie de marché, entre capitalisme et travail. Il est un compromis fondateur, et explique comment les socialistes assument les différences de créations des richesses :

- le fait qu’il déplace les sens donné au terme « égalité réelle » en traitant aussi les inégalités à leurs sources

- le fait qu’il a une vision mondiale, et déplace donc le curseur habituel, ce qui nous oblige à repenser les instruments même du pouvoir et nous pousse à investir stratégiquement dans la construction de l’Europe

- la notion de progrès maîtrisé, avec l’écologie, le développement durable, la nécessité de nouveaux instruments de régulation

- « le travail rétabli », qui n’est plus un rapport d’exploitation mais un espace de discussions sur la logique du travail même

-         l’individu reconnu : il faut repenser l’articulation entre aspirations collectives et individuelles, et faire en sorte que l’action correctrice descende jusqu’au niveau de l’individu

-         il faut restaurer l’efficacité de la puissance publique et remettre en marche le progrès social (cf. DSK « pour un réformisme radical »)

2 – Interventions et commentaires des participants

De quel capitalisme parlons-nous ?

Michel Rocard explique que si les changements de contexte de la pensée de gauche sont clairement présentés dans le document du Manifeste (chute du mur de Berlin, prise en compte de l’écologie, nouveaux outils à faire évoluer pour le maintien des objectifs de solidarité tels que la santé et les retraites), il convient de préciser la portée et la notion de l’évolution du capitalisme.

Si nous voulons réguler l’économie de marché dans un but d’équité du partage des richesses, nous devons démontrer que le capitalisme est passé d’un modèle basé sur la production à un modèle basé sur la finance.

L’aliénation par le travail n’est plus le problème central : c’est l’accès au travail qui le devient, et collatéralement, la question de la démocratie d’entreprise.

De même, le contrôle du capitalisme a évolué dans le temps ; aujourd’hui les 2/3 de l’économie nationale reposent sur des flux financiers qui échappent au contrôle de l’état, et in fine, de la représentation démocratique du peuple. 

Notre vision universaliste et humaniste doit être rappelée dans notre volonté de développer un progrès social pour le monde entier et pas seulement en parlant d’Europe. Nous devons parler de partenariat avec les pays sources d’immigration et non pas d’aide qui est un terme trop réducteur.

Etat social ou puissance publique ?

Le débat a porté sur le terme « état social » qui risque d’être caricaturé en « étatisme », mais certains lui préfèrent le terme « puissance publique ». 

Quelle rénovation ?

Alain Bergougnoux demande de clarifier le mot de « rénovation » qui est galvaudé, (tout le monde prétend rénover) et de se différencier de la politique du marketing de certains (Montebourg a été cité entre autres) en ancrant nos propos dans le concret.

Michel Destot appelle à plus d’enthousiasme et insiste sur la nécessité de sortir de la «grisaille » longtemps affichée par le PS et notamment reconnaître et encourager la créativité, l’initiative personnelle, la promotion de l’individu et de la diversité, tous ce qui peut enrichir le collectif, et sortir de la critique stérilisante. Il faut répondre aux aspirations personnelles, sinon, comment faire naître du désir de changement ?

Michel Rocard propose de revenir aux fondamentaux de la gauche, ceux-ci ne se limitant pas au partage des richesses. Il ne faut pas oublier le domaine « non-marchand » qui est un domaine très différenciant de la droite et notamment dans nos valeurs morales de dignité, d’émancipation, d’exigence, d’indépendance.

L’identité nationale

Plusieurs intervenants demandent que le Manifeste se positionne sur ce point, et ne continue pas à l’occulter.

L’international

Sandrine Mazetier observe que, si la dimension européenne est importante, il ne faut évidemment pas occulter pour autant la dimension française. Relativisons la place de la décentralisation (un peu exacerbée à la fin du Manifeste) dont le mode de fonctionnement actuel est loin d’être optimal. La décentralisation n’est qu’un moyen et non un objectif en soi.

Il ne faut pas non plus oublier la question de la violence dans le monde (conflits armés, attentats, etc.) et disons clairement quelle politique nous voulons adopter face à ces conflits.

La question de la mixité sociale 

Selon M. Pupponi, il faut absolument arrêter de claironner sur la mixité sociale, sans que l’on définisse ce concept de manière précise : la crise des banlieues appelle des réponses concrètes pour remettre des processus d’inclusion dont il reste à tracer les lignes. Sinon, c’est de l’incantation et la population de ces quartiers attend autre chose, et perçoit alors soit du mépris, soit un nivellement par le bas. C’est l’une des lacunes de ce manifeste. Les syndicats ont été aussi oubliés. Il ne faut pas s’étonner s’ils se détachent du parti dans leur vote (rappelons que près de 50 % des adhérents de la CGT ont voté pour N.Sarkozy).

Il faut réinvestir ces territoires.

Divers

Un intervenant critique le choix de la citation de DSK dont le début est  « La mondialisation est inévitable. Mieux, elle est dans certains domaines souhaitables. ». Nous comprenons tous ce que Dominique explique, et nous sommes en accord avec ses propos. Mais sortis de leur contexte, ces termes peuvent être utilisés par nos opposants de manière caricaturale. D’autres phrases de DSK (elles sont nombreuses) seront plus adaptées.

Conclusions

Un paragraphe qui précise l’objectif de ce manifeste sera intégré en tête du document.

Laurent Baumel conclut et intégrera la plupart de ces commentaires, qu’il approuve. J.P. Huchon explique que le Manifeste fera l’objet de nouvelles discussions en Conseil National.

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COMPTE RENDU DE LA REUNION SD DU 31AOUT AU SOIR A L’ORATOIRE

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D’abord, décrire l’ambiance extérieure : on retrouve les têtes connues, les amis avec plaisir, on se sent d’emblée à son aise, en famille, en somme. On a un peu l’impression de revivre la liesse de l’année dernière, avec une foule dense jusque devant la porte. Combien de participants, 500 ? 600 ? Certes un tout petit peu moins que l’année dernière, mais rien qu’en jetant un coup d’œil à salle déjà très pleine, on voit que la sociale-démocratie est bien vivante et existe toujours, plus que jamais. En tous les cas, tous ceux que nous connaissons et qui ont porté ce mouvement sont présents.

L’esprit de DSK plane dans la salle de l’Oratoire, comme elle plane aussi à l’Encan. Ainsi que nous le rappellera P. Moscovici plus tard, « il ne nous oublie pas, il  pense à nous, et nous souhaite bon courage. Il est absent parce qu’il mène sa campagne (il nous passe le bonjour de Bolivie), non pas par choix délibéré. »


Comme le souligneront tous les intervenants, DSK est toujours là, présent dans ses idées et dans la force qu’il nous a donnée, dans l’élan et le souffle que l’on retrouve ici. Il ne nous a pas laissés, et pour répondre à une question posée par un journaliste qui demande « mais ne vous sentez-vous pas orphelins ? ». Non, car DSK nous a légué son mode de pensée, son savoir faire et son savoir penser. Le Manifeste, qui reprend la plupart des lignes directrices de sa pensée, en est l’héritage et le prolongement.

Après une courte introduction faite par Jean-Christophe Cambadélis, le micro est passé rapidement à Michel Destot, maire de Grenoble.

Michel_Destot

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Présentation par Laurent du Manifeste et de ses principales idées

Laurent rappelle le processus de construction du Manifeste, par le biais de contributions collectives ou individuelles au courant de l’été. Le document n’est pas une synthèse mais un « halo » commun de problématiques et de réponses, dans leurs grandes lignes.

C’est un document en cours de finalisation qui a pour ambition d’être le socle du renouveau du socialisme, « un corpus idéologique de valeurs communes à 37 000 militants »  mais aussi de la gauche qui s’est reconnue dans les idées de DSK. Ce n’est pas un point d’arrivée mais un point de départ pour clarifier et fixer notre identité politique.

Il s’inscrit dans l’agenda de la rénovation doctrinale du parti. Il prend au sérieux la rénovation et pose les questions, se déclare en rupture avec les habituels modes de pensée « administrative et ministérielle ».

Les idées fortes qui résument le Manifeste :

- un compromis assumé avec l’économie de marché, entre capitalisme et travail, il est un compromis fondateur, et explique comment les socialistes assument les différences de créations des richesses

- le fait qu’il déplace le sens donné au terme « égalité réelle » en traitant aussi les inégalités à leurs sources

- le fait qu’il a une vision mondiale, et déplace donc le curseur habituel, ce qui nous oblige à repenser les instruments même du pouvoir et nous pousse à investir stratégiquement dans la construction de l’Europe

- la notion de progrès maîtrisé, avec l’écologie, le développement durable, la nécessité de nouveaux instruments de régulation

- « le travail rétabli », qui n’est plus un rapport d’exploitation mais un espace de discussions sur la logique du travail même

-  l’individu reconnu : il faut repenser l’articulation entre aspirations collectives et individuelles, et faire en sorte que l’action correctrice descende jusqu’au niveau de l’individu

-  la restauration de l’efficacité de la puissance publique et la remise en marche du progrès social (cf. DSK « pour un réformisme radical »).

2 – Interventions et commentaires

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J.M. Le Guen estime que nous sommes à l’issue du cycle d’Epinay et que le problème de la refondation du PS se pose à nouveau. Il rappelle que nous avons probablement fait une erreur lors du dernier congrès en ne soumettant pas une motion. Nous avons « eu historiquement tort ». Nous devons faire en sorte que les nouveaux militants trouvent chez nous des réponses à leurs motivations profondes, nous devons faire en sorte de faciliter l’ouverture, mais avant tout faire « une ouverture sur nous même ». 

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P. Moscovici :

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« L’ouverture » (faite par la droite) ne doit « ni nous surprendre ni nous impressionner ». Ceux qui sont partis (gouverner avec la droite) ne sont pas les forces vives du PS ! Les vraies menaces, ce sont notamment les jeunes tentés par le repli local. Il nous faut éviter trois écueils : l’attentisme, la paresse (de l’opposition) et la communication interne au PS (la division nous guette !) et la querelle des ambitions (l’exemple doit venir d’en haut). Sarkozy, c’est un homme qui gouverne sur les émotions, avec lui c’est tous les jours, le soir au 20 h 00, « Surveiller et punir » de Michel Foucault. N. Sarkozy est un système à lui tout seul, mais une « marque » plus qu’une réalité. Avec lui, c’est les 3 P : Pipolisation, Politico-ShowBiz, Privatisation de la fonction. Il note que son discours de politique étrangère marque un tournant vers plus d’atlantisme que jamais, que les relations franco-allemandes ne sont pas bonnes, en Europe, il impose et n’écoute pas !

Où en est le PS ? Le PS est encore un parti fort, avec 50 départements sur 100, 20 régions sur 22 et plus 50 députés par rapport aux élections législatives précédentes !

Il nous faut maintenant mettre en place une méthode et une démarche, et aller vers les gens, s’ouvrir aux autres, vers l’extérieur, être un pôle de stabilité au sein du PS.

Jean Christophe Cambadélis annonce à cet égard qu’une Fondation sera chargée de travailler sur la base du socle du Manifeste. Il convient en effet de s’organiser, d’être groupés, mais plus forts et plus cohérents.

Une motion sera présentée en 2008 au nom de la sociale-démocratie, dont le Manifeste sera le socle.

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Madame Catherine Trautman :

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« ceux qui veulent nous ringardiser en sont pour leurs frais », nous devons être fiers de ce que nous sommes, nous avons une pensée, une conviction, une pratique. Elle insiste sur la nécessité de conserver le contact avec le local et « mettre en réseau nos intelligences ». Elle rappelle le sens de la laïcité, c'est-à-dire le respect de l’altérité, c'est-à-dire le vivre ensemble dans la différence des croyances et la similarité du respect de la pensée de l'autre.

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Christophe Borgel : Il ne faut pas se laisser imposer le terrain, et inventer une société juste, au sein d’une « maison commune ».

Michel Rocard (très applaudi, quasiment une standing ovation): il explique qu’il aime ce texte (le Manifeste) et que pour lui cette soirée est un véritable événement qui devra être le point de départ d’une tendance qui ne s’arrêtera pas. Il rappelle le sens des mots «gauche» et «capitalisme».

Michel_Rocard

A la fin de la réunion, tout le monde se retrouve dehors, pendant une demi-heure, sans vouloir vraiment se quitter, afin de rester sur l’élan qui nous a tous ragaillardis, revigorés, remotivés.  Nous avons le sentiment que la ligne amorcée par DSK trouve maintenant un prolongement dans une énergie collective. La sociale-démocratie a retrouvé ce soir ses perspectives d’avenir.

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Les 3 Socs en force ! devinez qui, de gauche à droite  ?

Posté par 3socsLaRochelle à 13:04 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Le "Maitre" ? "Il" ? ... c'est quoi ces termes ?
Mais où est-ce qu'on va ?

Posté par Pablo, 01 septembre 2007 à 19:27

séance spirite ou stalinisme ?

Le chapeau introductif de ce compte rendu a quelque chose de stupéfiant pour qui n'est pas habitué à ce genre de littérature. On hésite entre la séance spirite, avec invocation des grands absents à l'appui, où la cellule du PC méditant sur la mort de Staline après 53... La psychologie militante a quelque chose d'extraordinaire et (il faut bien le dire) d'un peu consternant !

Posté par Marchenoir, 02 septembre 2007 à 09:18

"...la force qu'il nous a donné, l'élan et le souffle...", vous devriez changer de vocabulaire, on croirait entendre les disciples de Jésus Christ. La force de DSK, c'est précisémment le refus des images figées, le pouvoir d'évolution et de renouvellement des hommes et des idées. C'est en prenant de la distance, en travaillant en complète autonomie pour trouver sa propre originalité qu'on respecte sa pensée.

Posté par Christine, 02 septembre 2007 à 16:17

Hum...

C'est qu'il n'est pas évident de tenir la salle de l'Oratoire quand on se souvient de l'ambiance qui y régnait il y a un an, et à priori, ce n'était pas couru d'avance que SD puisse subsister sans DSK. D'abord à cause du double échec à la présidentielle, DSK puis Ségolène, et le départ de DSK vers le FMI. Au final on se retrouve autour d'une vision commune, dans un esprit partagé. Ce n'est pas le culte de la personnalité communiste ou ségolâtre, bien que la joie d'être vivant et bien vivant finie par transpirer sous une forme un peu disons... exaltée, suite au repas pris sur le port ? ;-)

Posté par jpb, 04 septembre 2007 à 13:07

Militantisme

Le militantisme ressemble à un sacerdoce sous certains points. Il ne faut pas oublier que nous avons vécu une période difficile avec ces élections où nous avons beaucoup ramé et perdu au final. Alors partager une vision d'avenir au milieu de personnes motivées, nombreuses et réunies dans un esprit collectif, ça revigore et ça donne des mots un peu passionnées, avec aussi un peu d'humour à prendre au second degré.
Néanmoins, nous avons retravaillé le texte et tenu compte de vos remarques.

Posté par Dominique M, 04 septembre 2007 à 21:47

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