Les 3Socs à La Rochelle, Edition 2007

A LA ROCHELLE COMME SI VOUS Y ETIEZ. Comme l'année dernière, ce blog est destiné à apporter en temps réel, à tous ceux qui ne peuvent pas s'y rendre, et notamment à tous les membres des 3Socs, toutes les informations sur ce qui se passe à La Rochelle.

03 septembre 2007

CR Atelier 19 sur les Stratégies de conquête majoritaire chez nos camarades du PSE

Atelier n° 19- Stratégies de conquête majoritaire chez nos camarades du PSE[1] -

Monika Griefahn, députée SPD au Bundestag (Allemagne), Frederica Mogherini, responsable internationale des DS (Italie), javier Moreno-Sanchez, député européen, secrétaire général de la délégation socialiste au Parlement européen (Espagne)

Alain Richard, Philippe Cordey et Pierre Moscovici

C’et un tout petit atelier, avec à peine une cinquantaine de places mais beaucoup de participants (au contraire des autres, où le nombre est au moins de 100 places) ce qui hélas atteste du peu d’intérêt porté à ce sujet, bien que les participants soient nombreux et pour la plupart assis à même le sol.


La présentation commence avec le rappel de la situation en Europe (32 pays membres au PSE certains pays ayant même deux PS) ! puis par la présentation de 3 pays et de la situation du PS dans ces pays, et notamment des alliances contractées.

Le PSE a pour vocation de produire la définition de contributions communes, de faire avancer la connaissance mutuelle entre les partis.

Allemagne

Comme le PS en France, beaucoup de questions se posent et il existe aussi une volonté de rénovation. Contrairement à ce que l’on croit en France, les allemands n’estiment pas avoir un modèle parfait et au contraire regardent avec intérêt ce qui se passe ici en France.

En octobre prochain, un grand congrès sera organisé pour discuter de l’avenir du SPD. En 2005, ils ont perdu la Westphalie. La population a vieilli ces dernières années. Le chemin et les vieux modèles ont changé, et le parti ne peut plus raisonner de la même façon, car si tout le monde vit 85 ans, cela pose par exemple avec plus d’acuité le problème du coût de la retraite.


Le concept de changement de la culture de l’état social, afin de mettre en place un système social-démocrate a été très important. L’Allemagne de l’Est a perdu 1/3 des voix. A Hambourg, il pourrait y avoir pour la première fois une coalition de la CDU (la droite) et des Verts. Il n’y a pas de majorité pour le moment.

Quelques chiffres : Le budget est de 2 milliards d’euros. La France est un modèle sur le plan social car, par exemple, les allemandes travaillent encore pour l’instauration du SMIC, et pour des droits du travail reconnus et respectés.

Il est nécessaire de trouver un chemin pour une stratégie commune, qui nous fait défaut. On a déjà travaillé sur l’ensemble de ces questions mais il faut continuer.

Italie

Les élections ont été gagnées avec tout juste 25 000 voix. (il ne faut pas oublier que Berlusconi était très soutenu, notamment par les jeunes). Le pays est aujourd’hui plutôt bloqué et il nous faudrait un programme fédérateur.

Aujourd’hui, 7 partis sur les 9 que compte la majorité ont moins de 10 %, ce qui ne les rend pas audibles en soit., surtout quand on sait que chaque loi doit passer par les deux chambres.

En Italie nous avons un problème de précarité des infrastructures, du système de formation, et d’accès au crédit… On souffre également d’un déficit de rentabilité  (ou de faillites des entreprises) et un faible taux de féminisation dans la politique.

Le pays a été secoué ces dernières années et les scandales de mani pulite (« mains propres ») ont facilité la transition vers la gauche. On vote chaque fois en sanctionnant le parti en place.

Les italiens demandent du changement, et pourtant on risque de ne pas faire les réformes radicales demandées par le pays, par manque d’homogénéité politique. Les ministres participent au gouvernement mais aussi eux peuvent manifester.

Il y a toujours le projet de faire un grand parti démocratique en Italie : il y a dix ans, la formation de l’Olivier avait tenté de le faire. On a formé des listes électorales communes, dans les élections régionales, les municipales ; mais les italiens veulent une politique simple, moins conflictuelle, et des changements de valeurs ou de missions.

Tout le monde est convaincu qu’il faut développer le pays dans le sens d’une plus grande cohérence.

Que faire pour l’agenda politique et pour reconquérir le pouvoir ?

Vouloir donner l’accès à tout le monde, les jeunes n’étant pas représentés par les syndicats ; l y a un projet de changer la représentation syndicale et la recherche d’alliances, à gauche comme à droite.


Dans le modèle italien, les alliances se font pendant et avant les élections, pas après. Il faut simplifier le cercle politique, au centre droit ou gauche.
Les communistes avec les verts et les socialistes sont en train de discuter (notamment de la dénomination du parti, certains voudraient l’appeler la « cosa rossa » (« la chose rouge »).

Les socialistes et les communistes sont loin les uns des autres. Mais cela ne signifie pas une fusion des partis, et les gens de la rue vont voter les différentes composantes du parti et les membres de celui-ci, avec un système de « primaires » pour le leadership. Pour l’élection de Prodi par exemple, 4 Millions de participants (directement) ont voté.

Espagne

Tout le monde suit la vie politique en France par le voisinage. La droite a fait un renouvellement générationnel. Aznar représentait ce changement. Au sein du PPE avec l’Eglise il y avait un ordre moral très fort et très archaïque avec des pas en arrière, au moment de l’attentat de Madrid et Zapatero avait réussi avec une politique de loyauté d’état et aussi une politique du « bon talent » à maintenir une cohérence, y compris dans le ton, et bien sûr dans les propositions..

2004 a été l’occasion d’un renouvellement au sein du parti ; il y avait des candidats historiques (des éléphants ?) et aussi au sein même du parti des nouveaux candidats (des lions, des gazelles ?), chacun avait grandi dans cette vie politique. On peut noter la grande capacité d’apport des jeunes qui s’inspirent des méthodes américaines. Il y avait donc déjà au sein de la société espagnole, un bouleversement énorme, comme par exemple les protestations et les marches contre la guerre en Irak.

Les premières mesures prises par le nouveau président ont été cohérentes avec les élections et surtout avec les promesses faites pendant la campagne, qui avait été préparée très longtemps à l’avance et qui avait rendu visibles les différences, comme par exemple le rappel des troupes en Irak et l’application de la parité.

Il y avait un mandat clair pour faire des investissements clairs dans les domaines sociaux (régularisation en masse des sans papiers, notamment pour faire baisser le travail au noir).  Il ya avait aussi des lois progressistes et notamment une loi pour concilier vie familiale et travail.

En Espagne nous rencontrons deux sortes de problèmes : la précarité, et les accidents du travail au niveau de l’emploi.

On lance maintenant les débats, alors que les élections n’ont lieu qu’en mars 08. Les jeunes restent dépendants de leurs parents de plus en plus tard (trente ans) à cause du logement notamment. D’où la prise de mesures récentes sur ces thèmes car l’état a réussi  à calmer les débats. Mais pour combien de temps et quid des autres sujets sociaux, comme la scolarisation à trois ans par exemple ?

Le parti a gardé la faculté de négocier avec les autres partis mais il y a de moins en moins de cohésion.

Intervention de M. Richard du PSE

La SD va mal en Europe, (plus que 8 dirigeants sur 27, ce qui est le plus mauvais score) car de nombreux partis ont perdu (Finlande, France). On n’est pas dans une phase de grand souffle. Ces débats ont lieu ici mais aussi ailleurs.

La question du leadership et des alliances électorales est plus difficiles car ça reste assez local. On parlera de la question du corpus idéologique commun, ce qu’on n’a plus fait depuis 1989. On a perdu beaucoup de repères avec la mondialisation et on n’a plus de réflexion commune.

Conclusions

Comment fait-on partager par l’électorat des réformes difficiles ? Comment rendre le pays plus compétitif ?

Les gens votent-ils uniquement d’après leurs classes sociales ou d’après d’autres critères, comme les habitudes culturelles ?


Comment développer une SD moderne, rénovée où l’on peut appliquer nos valeurs historiques ? Est-ce que solidarité et équité ont encore un sens ? On est trop souvent « en réaction », les campagnes ne se font pas sur nos thèmes mais ceux des autres.

Il semble en tous cas que tous les pays aient leur propre vision du socialisme et de la sociale-démocratie, que conquérir le pouvoir n’est pas facile et en tous cas ne peut se faire seuls, sans alliances crédibles.


[1] Comme je n’ai pas pu rester jusqu’à la fin de l’atelier, merci à ceux qui y ont participé de bien vouloir faire des compléments / commentaires

Posté par 3socsLaRochelle à 00:58 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Désespérant...

Les conclusions de l'atelier illustrent parfaitement le problème auquel sont confrontées les socialistes : ils cherchent des solutions nationales au lieu d'investir dans des mécanismes de solidarité entre partis (le PSE n'est-il pas notre parti à tous ?!) et au sein de l'Union européenne.

Posté par chourka, 03 septembre 2007 à 10:56

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