Les 3Socs à La Rochelle, Edition 2007

A LA ROCHELLE COMME SI VOUS Y ETIEZ. Comme l'année dernière, ce blog est destiné à apporter en temps réel, à tous ceux qui ne peuvent pas s'y rendre, et notamment à tous les membres des 3Socs, toutes les informations sur ce qui se passe à La Rochelle.

04 octobre 2007

Présentation officielle du Manifeste à la presse

Le Figaro du 4 octobre 2007
"Nous sommes passés d'une dimension un peu écurie présidentielle à un courant politique constitué", a affirmé Jean-Christophe Cambadélis.

Les amarres sont larguées. Les amis de Dominique Strauss- Kahn, devenu directeur du FMI, ont officiellement présenté hier leur Manifeste pour la rénovation qu'ils avaient adopté à la fin de l'été.

« Nous sommes passés d'une dimension un peu écurie présidentielle à un courant politique constitué », a affirmé Jean-Christophe Cambadélis, entouré des autres membres du « collectif » Socialisme et Démocratie. Si DSK demeure leur référence, la stratégie n'est pas de préparer son retour : « Ne lui prêtons pas des calculs ou des arrière-pensées », a déclaré Pierre Moscovici. En 2012, qui vivra verra, dit-on simplement... Pour l'instant, les strauss-kahniens sont prêts à s'inscrire dans « une grande majorité » au sein du PS. Mais ils prennent de la distance vis-à-vis de la campagne de Ségolène Royal. « Nous sommes dans un après », a expliqué Moscovici. Le pacte présidentiel n'est « ni une référence positive ni une référence négative. Nous voulons creuser un sillon ». Les membres du courant voudraient faire du PS un parti social-démocrate qui « assume le compromis avec l'économie de marché ». « Le socialisme moderne doit se préoccuper de la création de richesse », explique par exemple Laurent Baumel, l'un des théoriciens, avant de se fixer comme objectif « l'égalité réelle ». Un discours que les partisans de DSK tiennent depuis longtemps.

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12 septembre 2007

la voilà donc, la nouvelle version du MANIFESTE !

Vous pouvez la télécharger ci-après.... et faire vos commentaires, (la boucle est bouclée) directement sur le site du Manifeste...Merci au camarade Jean-Pierre pour me l'avoir fait passer !

manifeste_sd

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09 septembre 2007

atelier le PS et le Centre

Nous n'avons pas (encore) de compte-rendu officiel de cet atelier auquel je n'ai pas pu assister mais notre camarade Liliane a pris quelques photos.

Atelier_sur_le_PS_et_le_Centre

Bien qu'ayant participé à l'atelier, Liliane n'a pas eu le temps d'en faire le compte-rendu.
Mais qui mieux que Pierre lui-même est mieux placé pour donner son sentiment sur la question ?

Allez sur son blog :

http://moscovici.typepad.fr/blognational/ à la date du 6 septembre.

D'accord, ce n'est pas un compte-rendu de l'atelier au sens propre du terme, mais ce billet mérite la lecture approfondie.

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07 septembre 2007

CR atelier n° 4 "L'individualisme contemporain et l'élection"

Compte-rendu atelier n° 4 "L'individualisme contemporain et l'élection"

Sandra LAUGIER

souligne que l’individualisme apparaît aujourd’hui dans une lumière négative opposée aux conceptions traditionnelles de gauche de l’intérêt collectif :

- contradiction entre la tendance individualiste et le lien social, mise en avant de l’individualisme marchand et de l’individu consommateur ;

- critiques justifiées de l’individualisme méthodologique et de l’idéologie néo-libérale qui feraient d’individus autonomes et fictifs le point d’ancrage de toute réflexion sur l’action sociale, indépendamment du collectif ;

- recentrage de chacun sur sa vie privée, son territoire subjectif et ses intérêts particuliers.

- émergence dans la vie publique et politique de figures narcissiques caricaturant un individualisme « vulgaire », exhibition des signes de richesse personnelle…

- inquiétude actuelle devant des stratégies vues comme individualistes au PS et un processus d’autonomisation de personnalités au risque d’un oubli du collectif, ou devant l’individualisme d’un électeur ou militant devenu incontrôlable et votant en fonction d’une identification temporaire à tel ou telle.

Contre cela, plutôt qu’une sorte de repli sur le collectif, Sandra Laugier suggère de ne pas laisser le monopole de l’individu à la droite (ou à l’extrême gauche) mais de réfléchir à une forme positive d’individualisme. Il s’agit de dénoncer cet individualisme de droite égoïste et dépourvu de sens et d’idéal, sans individualité réelle.

Elle propose de construire un individualisme qui soit propre aux valeurs de gauche et inséparable du souci des autres, de la protection de l’individu, de son expression libre et singulière.

Il faut reconnaître l’importance d’une aspiration individualiste qui s’est exprimée dans l’élection. Son émergence vient d’une lassitude devant les généralités politiques et des principes impersonnels, même généreux, qui ne tiennent pas compte des situations de chacun. Mais pour que cet individualisme puisse s’épanouir, il faut que chacun trouve à la fois expression et forme de vie.

L’individualisme que propose la société de consommation et plus généralement les idéaux de la campagne de Sarkozy ne peuvent que superficiellement et provisoirement correspondre à cette aspiration. D’abord parce sa politique ne peut que décevoir les aspirations de la majorité des individus. Ensuite parce qu’une forme radicale d’individualisme est essentielle à la démocratie elle-même, et à l’expression publique.

L’avenir va montrer que l’aspiration individualiste qui s’est exprimée ne répond en rien au désir d’expression démocratique singulière et d’épanouissement de chacun, mais n’est là que pour le profit d’un ou de quelques individus.

1) Pour un individualisme de gauche

D’un point de vue historique et sociologique, il est évident qu’on a assisté à un processus d’individualisation dans les sociétés occidentales. Que ce soit pour les revendications des droits individuels, la protection de la vie personnelle, pour les mouvements émancipateurs (femmes, homosexuels entre autres), un recentrage sur les intérêts individuels s’est opéré dans toute la modernité. Il ne faut pas négliger la dimension radicalement individualiste de ces mouvements, leur enracinement dans une expression particulariste, une opposition au conformisme.

La démocratie se constitue sur l’accord que chacun donne, ou non, à la société dont il fait partie, sur la capacité individuelle à exprimer la société et à se sentir exprimé par elle. C’est dans le rapport du JE au NOUS que se définit l’individu ; pas de commun, de sens social sans attention à l’autre en tant que particulier, individualisé.

2) Retrouver la voix : la démocratie et le dissentiment

Une redéfinition de la démocratie passe par une redéfinition de ce qu’est une expression juste, une voix cohérente. On a parfois dit que ce qui manquait au PS, y compris dans la campagne, c’est une voix : il ne suffit pas de s’exprimer pour avoir une voix. On déplore depuis un certain nombre d’années, une perte de la voix des intellectuels, noyée dans le conformisme. La voix est indissolublement personnelle et collective et plus elle exprime le singulier, plus elle est propre à représenter le collectif. Une voix doit être revendicatrice, s’exprimer soi pour exprimer les autres. Pas seulement parler au nom de ceux qui ne peuvent parler, mais parler pour soi, assumer la responsabilité d’une prise de parole. Questionner aussi sa propre légitimité. La voix individuelle doit se chercher dans la voix collective, jusqu’à pouvoir s’en retirer – ce qui définit la désobéissance civile et l’indépendance de l’individu.

Une question politique est celle de la nécessité de la voix individuelle et du dissensus. C’est l’idée qu’il faut trouver sa voix en politique : cette thématisation de la voix, en tant que voix (du langage) ordinaire se trouve chez Emerson, Thoreau et dans l’idée de confiance en soi (Self-Reliance), contre le conformisme intellectuel et politique. Il faut repenser l’individualisme comme critique du conformisme. La constitution de l’individu s’accomplit par la recherche par chacun de sa voix, du ton juste, de l’expression adéquate, et donc une critique intellectuelle des discours inauthentiques et stéréotypés.

La question politique est aussi celle de notre capacité d’expression individuelle, menacée par le conformisme et la fausseté de ton. Quelle responsabilité prend-on, en tant qu’intellectuel, dans la société logocratique et aujourd’hui médiatique ?

La question est encore celle du je et du nous. Quelle est la légitimité de celui qui prétend parler au nom des gens ordinaires ? Comment peut-on être assuré d’exprimer ou d’être exprimé ? La voix subjective et individuelle, le dissensus permettent de combattre le conformisme que suscite la démocratie. Ainsi la désobéissance civile est liée à la définition même d’une démocratie : parce qu’un gouvernement démocratique est le gouvernement qui est le nôtre, le mien – qui m’exprime et que je puis exprimer. On a retrouvé récemment cette voie du dissentiment dans les mouvements minoritaires d’opposition à Bush. Il serait important de lui donner une version française, non en « entrant en résistance » mais en défendant le droit à la critique et à l’expression, contre les menaces d’oppression extérieure mais aussi contre le conformisme et les lâchetés intérieurs qui font parfois douter et rallier l’autre côté, par manque de confiance.

Dans cette conception de la démocratie, l’assentiment et le dissentiment sont deux versants d’une même capacité politique. C’est la compétence de l’individu à juger si tel gouvernement est « propice à son bonheur » qui définit le « pouvoir transcendant » du peuple, donc la démocratie radicale. Il faudrait repenser dans le contexte français présent où la capacité d’expression est confisquée sous couvert de prétention à une expression naturelle de tous, le concept de conversation démocratique : pour que le gouvernement soit légitime, tous doivent y avoir, ou y découvrir leurs voix. Faire en sorte que ma voix privée soit publique, expressive : c’est le problème de la démocratie.

4) Contre un individualisme sans individualité

Si l’individualisme devient alors principe démocratique, celui de la compétence politique et expressive de chacun, la voix individuelle revendique la multiplicité : c’est le principe de la « Confiance en soi ». Il s’agit de savoir pour chacun ce qui lui convient. C’est pour cela que l’individualisme marchand, caricaturalement prôné par le gouvernement actuel, n’est pas un vrai individualisme, renvoyant plutôt à un individu généralisé et abstrait, aux besoins stéréotypés : un individualisme sans individualité.

L’idéal d’une conversation poli­tique serait non pas celui de la discussion rationnelle, ou du consensus simple, mais celui d’une vraie circulation de la parole ou personne ne serait mineur, sans voix. La revendication et le dissensus ne sont pas des excès de la démocratie mais définissent la nature même d’une véritable conversation démocratique. Cette tradition du dissent est une piste possible dans le conformisme discursif actuel et la domination écrasante d’un seul type de parole. L’enjeu des prochains mois sera bien celui du déficit démocratique, de l’étouffement de l’expression publique, de la mise en cause des libertés individuelles.

5) L’individualisme et le souci des autres

Le vrai individualisme, ce n’est pas l’égoïsme, c’est l’attention à l’autre en tant que singulier et à l’expression spécifique de chacun, l’observation des situations ordinaires où sont pris les autres. Ce n’est pas l’isolement mais l’interrelation entre individus contre la loi du plus puissant, du plus riche, etc. Cette position individualiste, même si elle met en cause le mythe communautariste, ne reconduit pas au sujet souverain, ni à une nouvelle version de l’autonomie, par la vulnérabilité même de l’individu démocratique fondé sur la seule confiance.

Cet individualisme est une voie possible pour refonder la démocratie dans un contexte où elle est chaque jour étouffée sous le conformisme. Le reproche qu’on peut adresser au néo-libéralisme viserait alors son incapacité à honorer la revendication individualiste : en étouffant l’expression et les désirs d’épanouissement des individus, en creusant les inégalités et en imposant un modèle unidimensionnel et pauvrement commercial de l’individu, enfin en cassant l’Etat social, seule garantie pour l’individu.

Le thème « compassionnel » qui a émergé dans l’élection est important et doit être poursuivi concrètement car il n’a de sens que s’il devient attention concrète à chacun : l’éthique du care (du soin aux autres) vise à valoriser le souci des autres contre des approches surplombantes, et souvent hypocrites, de la catégorie des « vulnérables ». Prendre la mesure de l’importance du care et du souci de l’individu suppose de reconnaître que la vulnérabilité est partagée. A contre-courant de l’idéal d’autonomie qui ne suffit pas. Cela nous rappelle que nous avons besoin d’autres pour satisfaire nos besoins. Aujourd’hui, dans la France de droite, c’est le démantèlement de l’Etat (éducation, université, hôpital et services publics en général) qui est la source première de vulnérabilisation des individus : la perte de la protection de la communauté, seul cadre possible pour l’épanouissement du plus grand nombre.

En conclusion, Sandra Laugier souligne que, pour ces raisons, on ne peut plus, à gauche, opposer individualisme et solidarité et que c’est en insistant sur la nécessité d’une société solidaire et attentive à chacun dans sa vulnérabilité et son expression spécifique qu’on protège l’individu. Le vrai individualisme est aussi l’attention aux autres singuliers.

Anne HIDALGO

remercie Sandra LAUGIER de son approche qui peut provoquer des éléments de réflexion et de nouveauté dans notre Parti. Il y a notamment des correspondances intéressantes à mettre en relation avec ce qui se passe avec les territoires urbains, à s’interroger sur la façon dont on prend en compte les aspirations des populations qui vivent sur nos territoires.

Quelles sont les modifications à avoir dans nos pratiques ? Cette question de l’individualisme a complètement été dissoute, a été caricaturée ces dernières années. Nous-mêmes avons été trop absorbés par la solidarité générale, peut-être avons-nous laissé de côté cette approche de l’individu dans des approches globales dans lesquelles la voix de chacun n’est pas entendue. Car finalement, il s’agit de parler à tous, lorsqu’on s’adresse au plus grand nombre, tout en s’adressant à chacun.

Par l’éducation, par la culture notamment, on peut s’émanciper : nous sommes dans une approche individualisée. Mais comment permettre à chacun de se reconnaître dans un discours adressé au plus grand nombre ? Nous sommes là pour favoriser l’échange entre les différents groupes sociaux et permettre à chacun de s’intéresser aux autres. La prise en compte de chaque personne dans ses besoins de liberté, d’émancipation, sont des notions de base de gauche.

La question de la place de la personne est apparue comme un enjeu politique majeur. Nous l’intégrons certainement en partie dans notre façon de travailler, mais devons aller au-delà. Et faire la différence entre cet individualisme égoïste et négatif et l’individualisme démocratique. Nous avons besoin de nous interroger sur la place de chacun. Ne pas laisser les individus être formatés. La bataille que nous menons sur la diversité culturelle fait partie de ce combat.

Sur nos territoires, nous sommes amenés à proposer des bouquets d’intervention, que ce soit sur l’aide sociale différenciée à apporter à chaque situation ou, par exemple, à chaque enfant en matière scolaire nous devons offrir des moyens différents et adaptés. Ce que nous faisons déjà.

Nous devons faire nôtres les références de Sandra et les intégrer dans notre démarche. Nous avons perdu une élection et une bataille idéologique et culturelle. Nous devons mener à nouveau cette bataille idéologique sur nos propres fondements qui comprennent des éléments d’une grande modernité.

Henri WEBER

souligne que Sandra Laugier a raison de parler de plusieurs types d’individualisme et offre sa définition de l’individualisme.

C’est un mouvement à l’œuvre en Europe depuis 4 siècles, qui vise à émanciper les individus à l’égard des normes et des valeurs imposées par la tradition ou une quelconque autorité non librement consentie (le pape, le roi…). Il vise à assurer le libre-arbitre des individus, leur autonomie. A faire de l’individu la source de toute norme, de toute valeur.

Il y a des sociétés ou la liberté de choix des individus est réduite au minimum (Iran par exemple). La tradition s’impose à eux.

Ce mouvement s’est affirmé dans l’ordre religieux, liberté de conscience et de culte ; dans l’ordre économique, liberté d’entreprendre ; dans l’ordre politique, reconnaissance des droits de l’homme et du citoyen ; dans l’ordre de la culture et de l’éthique, libéralisation des mœurs, droit reconnu à chacun de conduire sa vie privée.

Le mouvement d’individualisation est l’autre face de la libéralisation et de la démocratisation de nos sociétés. Il existe 2 types, au moins, d’individualismes.

- Un individualisme démocratique qui lutte pour le développement des droits et des libertés individuelles et pour l’autonomie des personnes mais qui est convaincue qu’il faut passer par une action collective, organisée, prolongée… Il exige l’institution d’un ordre politique et social qui garantisse les droits et les libertés des individus et favorise leur extension. Ainsi, il ne s’oppose pas au collectif, à la société globale, bien au contraire.

Les démocrates, les socialistes sont des individualistes dans le sens où ils se battent pour le respect des droits des individus face aux puissants et pour l’extension de ces droits et libertés. Le plein épanouissement des individus est l’objectif ultime des socialistes. Karl Marx : « le socialisme, c’est une société où le plein développement de chacun sera le moyen du plein épanouissement de tous. » (Idéal de l’Homme Total).

Il existe un individualisme égoïste, égocentrique, narcissique, qui se caractérise par le repli de l’individu sur sa vie privée, son indifférence au sort des autres, son désintérêt pour l’action civique et politique.

L’individualisme démocratique a dominé au cours des « 30 Glorieuses » et culminé en 68, apportant beaucoup de droits et de libertés. L’individualisme égoïste a beaucoup progressé dans les années 90, en raison principalement de l’effondrement des grandes utopies, des grandes idéologies, des croyances collectives. Communisme, tiers-mondisme, nationalisme, la faillite de ces grands desseins collectifs a jeté le doute et la suspicion sur tout projet collectif de transformation sociale. Beaucoup de citoyens se sont repliés sur leurs sphère privée, acceptant tout au plus de s’engager dans des associations « monothématiques » : parents d’élèves, défense de l’environnement, caritatif…

La montée de l’individualisme égoïste a des effets désagrégateurs sur la société. Elle nourrit la crise du civisme et de la citoyenneté. Les liens de solidarité se distendent, chacun revendique plus de droits en négligeant ses devoirs, les corporatismes se renforcent…

Parmi les conséquences politiques : une individualisation des procédures de l’Etat protecteur (emploi, retraite…), une baisse des effectifs militants des organisations traditionnelles, partis et syndicats, une aspiration des individus-citoyens-électeurs à participer à la désignation des candidats et à l’évaluation des programmes, un recul du vote identitaire et l’apparition de l’électeur-stratège zappeur du consumérisme politique…

Laurent BAUMEL souligne qu’il est tout à fait légitime de s’interroger sur le rapport entre individualisme et élection. De distinguer et analyser dans ce qui s’est passé les causes circonstancielles et les causes structurelles, certainement plus importantes. Il faut ainsi saisir ce qui relève de la toile de fond dans la modification des rapports individu/société.

- Une individualisation sociale objective

Il faut partir de l’individualisation des situations sociales due à la fragmentation du marché du travail : chômage, précarité, emplois multiformes (privé/public – libéral/artisan – grande entreprise/PME…).

De nouveaux facteurs déterminants : sexe, origine ethnique, âge, lieu de résidence (cadre de vie / espace / équipement / localisation…).

Dans le même temps,

- Une individualisation subjective

accompagnée d’un discours idéologique global qui encourage les individus à s’affirmer dans leur identité, et donc leur différence et leur autonomie, et à se préoccuper de leur réussite personnelle (être, avoir).

Les conséquences sur le comportement politique est que l’on passe d’une culture avec une approche politique globale à une culture plus individualiste : chacun considère qu’il a d’abord son problème et qu’il est légitime que l’on réponde d’abord à son problème.

Ceci a deux conséquences :

  • une montée du compassionnel et du catégoriel,
  • une montée des antagonismes à l’intérieur même des classes – concurrence et disparition de la solidarité. Ainsi, les inclus ne voient plus les exclus et se demandent pourquoi ils paieraient pour eux et ne veulent pas qu’ils puissent les rattraper. Les immigrés sont accusés de capter les aides des services sociaux. L’hostilité entre rural/péri-urbain et ville est bien présente.

La droite en résonnance

« Chacun doit réussir » - « travailler plus pour gagner plus » - « l’avenir est à ceux qui se lèvent tôt ».

Sarkozy a surfé sur l’antagonisme des classes. Il a utilisé la division interne au sein des classes populaires et la défiance entre citoyens pour construire une équipe politique majoritaire avec les électeurs qui l’intéressaient. Il nous a laissé les plus modestes, les cités notamment, et a pris les autres, élargissant sa base sociale.

La gauche a été percutée par cette évolution.

Que faire ?

Deux pistes :

  • refuser le catégoriel mais admettre quand c’est possible d’individualiser les aides, les solutions (école, retraites…)
  • refuser la division des couches populaires et moyennes, mais reformuler un nouveau compromis social.

Grand témoin : Sandra LAUGIER, philosophe, professeure à l’Université de Picardie, membre du CURAPP (CNRS/Université de Picardie)

Animateurs : Anne HIDALGO et Henri WEBER

Intervenant : Laurent BAUMEL

Source : Site du PS et La Rochelle 2007

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amis politiques, connus et moins connus..

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Les amis politiques, connus et moins connus...

Que voilà une poignée de mains bien sympathique !

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Des collègues de Liliane et son mari..

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Mais vous avez aussi les photos du site officiel du PS ci-après... (si vous voulez visionner les diaporamas).

http://www.flickr.com/photos/partisocialiste/sets/72157601803207783/show/

http://rochelle2007.parti-socialiste.fr/2007/09/01/diaporama-universite-dete-de-la-rochelle-2007-jour-1/

Jacy_Lebreton__pdt_de_la_FNESR

Claudy Lebreton, Président de la FNESR

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06 septembre 2007

CR atelier n° 4 "le socialisme et le marché"

Compte-rendu de l'atelier n° 4 "le socialisme et le marché"

Pierre Alain Muet: marché ennemi du socialisme, socialisme ennemi du marché ?

En tant qu’économiste, je réponds non ! Notre niveau de développement est obtenu par diverses actions dont les luttes syndicales qui ont permis de transformer le marché et de l’adapter. La baisse de la consommation et la part croissante du marché financier a produit une économie libérale. Lors de la chute du mur, l’économie administrée s’est transformée en une économie de type mafieuse du fait de la non régulation nécessaire qui doit accompagner l’économie de marché. Ce qui caractérise le développement économique c’est ce qui se situe en dehors (secteur non-marchand) comme l’éducation, la santé, la recherche… c’est donc une économie mixte, régulée qui permet un développement « harmonieux et accepté » pour tous. Le libéralisme économique ne produit pas spontanément les équilibres souhaités. Il y a nécessité donc pour corriger ces dérives d’une démarche collective et publique, seule capable d’apporter les corrections nécessaires et utiles, car le marche ne se régule pas par lui-même.

Durant la période des « trente glorieuses », nous nous trouvions dans une situation de capitalisme impulsé par une volonté et une action publique de grande envergure pour des raisons de reconstruction et une volonté de construire des systèmes de solidarité qui ont permit à tous de bénéficier des fruits de la croissance (plein emploi, santé, éducation). Le marché interne suffisait pour apporter les garanties et les outils nécessaires. Appliquer de telles mesures au niveau international pose de nombreuses difficultés : faire concorder des intérêts à une telle échelle s’avère complexe voire impossible. La transition de l’économie nationale à l’économie mondialisée a fait voler en éclats les mécanismes de régulation. De la sorte les politiques de stimulation de la demande, moteur de l’économie nationale, ont eu tendance à s’effondrer dans le contexte mondial et ainsi de nouvelles disparités sont apparues à l’échelle de la planète. Les entreprises préférant à la stimulation de la demande la compétitivité par les coûts. Ainsi la mondialisation a engendré des vocations à l’expansionnisme et à une compétitivité sauvage. C’est la période durant laquelle les pays, notamment européens, ont connu une montée du chômage qui a déstructuré tous les mécanismes de solidarité qui atténuaient les excès du marché.

L’union monétaire au sein de l’UE a tout de même permis de répondre en partie à ces nouveaux défis, car elle supprimait certaines entraves aux politiques économiques nationales en évitant les crises monétaires et en appliquant des politiques de rigueur. La suppression de la spéculation monétaire permit ainsi de mettre en œuvre des politiques économiques autonomes. Par exemple durant la législature 1997-2002, le gouvernement de Lionel Jospin a connu une croissance soutenue de 3%, supérieure à la croissance européenne et a créé 2 millions d’emplois. L’union monétaire favorise donc les politiques économiques autonomes dynamiques créatrices de richesses.

Le second problème majeur de la mondialisation :

  • Le modèle de croissance n’est plus adapté face au réchauffement climatique ;

  • L’économie mondialisée induit de nouvelles inégalités et de la pauvreté.

L’activité humaine telle qu’on la connaît engendre des consommations massives d’énergie et détruit les stocks à notre disposition mais surtout a un impact massif et négatif que l’on commence à mesurer. Il nous faut donc modifier considérablement nos modes de consommation notamment d’énergie.

Comment aller vers un modèle de développement durable : les cycles de développement fonctionnent généralement en mode fermé sauf l’économie. Ainsi les prix des biens ne reflètent pas les coûts véritables des biens et n’intègrent pas les coûts pour l’humanité. Il nous faut donc être plus ambitieux et volontaires, ce qui pourrait se traduire par des taxations nouvelles et des réglementations plus strictes. Il nous faut également changer complètement notre conception du progrès technique, car si nous continuons à avoir une vision linéaire de la croissance (la consommation a été multipliée par 20 en 30 ans tout en travaillant 2 fois moins) nous allons droit dans le mur. Nous ne pouvons appliquer cette approche à la gestion de l’environnement.

Le second point est la production de nouvelles inégalités, les pays riches croissent plus vite que les pays pauvres et accroissent celles-ci. Au niveau de la nation, ces disparités sont moindres et moins visibles car il existe des mécanismes de solidarité qui les corrigent. Il en est de même au niveau européen. Quand l’Espagne, le Portugal, l’Irlande… sont entrées dans l’UE des politiques de solidarité comme les fonds structurels ont facilité l’accès au développement de ces pays en prélevant une faible partie du PIB des pays riches reversé à ces pays.

Ainsi l’intervention publique a régulé le marché et a donc atténué les inégalités qui auraient dû se créer entre les pays de l’UE. La solidarité produit de la justice sociale et de l’efficacité économique.

Depuis les cinq dernières années, les différents gouvernements de droite ont par leur politique produit chômage, déficit, inégalité et explosion de la dette. Ces politiques conservatrices consistant à donner aux riches pour aider les pauvres a produit les effets que l’on connaît. Les politiques de « Reagan-Tatcher » ont montré leur inefficacité. Sarkozy en digne héritier reproduit la même politique. Le cynisme du paquet fiscal, mesure phare, ne répondra pas aux défis qui se présentent à la France. 25 millions d’euros pour le revenu de solidarité active 15 milliards de cadeaux fiscaux. S’y ajoute les inégalités de naissance (droit de succession) qui dénaturent la notion de revenu la découplant de la notion de mérite.

Il nous faut au contraire promouvoir le travail bien rémunéré et qualifié, mettre les moyens dans la recherche, sécuriser les parcours professionnels, investir dans l’éducation.

Il faut réguler le marché pour contrer l’insécurité économique et les dégâts écologiques. Pour ce faire nous devons faire le bilan des politiques dans les pays socio-démocrates, aux USA sous Clinton et la période Blair pour en tirer les enseignements utiles.

L’efficacité économique est aussi de gauche.

Liem Hoang Ngoc : le message de la droite relayé par les médias cherche à discréditer les positions de la gauche et à instiller de faux-débats.

Le PS « défendrait l’économie planifiée » : cela vise à occulter le fait qu’il y a de la planification dans le capitalisme et du capitalisme dans le « social ». L’exemple des entreprises américaines en devient caricatural car il est acquis que la marche économique de ces entreprises est très planifiée et organisée. A contrario on peut dire que les entreprises sous l’ère soviétique (notamment en ex-Yougoslavie) furent administrées de façon ultra-libérale. La planification et le marché ne sont en fait que des outils de régulation.

En théorie le marché doit organiser une concurrence libre et non faussée, or la concurrence est monopolistique et il existe une « administration » des prix.

Charles Pasqua, en fin politique, a eu cette belle formule à ce propos : « à qui profite le crime ! ».

Durant les 30 glorieuses, « des compromis » ont été trouvés, sur la « sécurité sociale », le droit du travail, la santé… aujoud’hui nous sommes dans une logique de « rente financière », d’un capitalisme financier… ce qui bat en brèche toute la logique d’équilibre que nous avions trouvé.

Alors qu’est-ce que le socialisme ? c’est la maîtrise de son destin par le peuple et pour le peuple.

La « bonne droite » serait pour la croissance, la gauche pour la redistribution, sous-entendu le gaspillage. Or il est indéniable que les politiques menées par la droite ont montré l’inefficience de la redistribution fiscale. Il est indéniable que sous le gouvernement Jospin il y a eu augmentation de l’emploi et une baisse du déficit… la consommation fut le moteur de la croissance mais aussi de l’investissement. S’il existe un problème de l’offre c’est qu’il y a un problème du marché du travail et de l’épargne !

Les marges produites par les entreprises, le taux très élevé de l’épargne devraient ou auraient dû conduire à un fort taux d’investissement, or ce n’est pas le cas. Les entreprises sont dans une logique financière en partie dû à l’implication dans leur gestion des fonds de pension, qui n’ont qu’une vision de court terme. Ceci induit une absence de politique industrielle et d’objectifs à long terme.

C’est à ce niveau que l’état par son volontarisme et son ambition doit intervenir et agir. Nous connaissons un fort taux d’épargne qui devrait favoriser l’investissement, mais la politique économique et fiscale des gouvernements successifs de droite gaspille ces ressources.

Face à ces impasses que nous proposent la droite, la gauche et le PS en particulier est en capacité de proposer des réformes susceptibles de proposer des alternatives aux projets de la droite tels que la TVA sociale. Nous devrons faire face à la hausse des dépenses sociales, nous devrons trouver les moyens de les financer. La droite nous propose d’augmenter la TVA, nous nous proposons de réformer l’imposition du revenu ainsi que la CSG.

Outre cette proposition, nous avons « dans les cartons » bien d’autres pistes de réformes économiques pour maîtriser le marché…

Bernard Soulage estime que la pertinence de cette table-ronde n’a pas à être justifié et que les socialistes doivent en sortant de cette discussion être sans complexes et surtout être fiers des valeurs qu’ils portent mais aussi ne pas prêter plus d’attention qu’elles n’en méritent aux jugements qui nous culpabilisent plus que de raison.

Sarkozy dans son discours et dans le message qu’il porte nous affirme que le marché est là pour résoudre tous nos problèmes même la question de la démocratie.

Cette affirmation est fausse. Il y a la place pour un vrai débat, un débat qui s’inscrit dans la réalité que nous vivons. Une réalité qui a rendu le marché totalement fou, qui privilégie la spéculation et ignore l’investissement. La crise boursière de cet été en est une parfaite illustration, les dégâts collatéraux sont criants. Comment peut-on croire à une croissance de 15% des profits sans provoquer une altération forte de la vie du marché. La financiarisation de l’économie nous mène dans une impasse !

Certains économistes, ans les années 80, ont prétendu être en capacité d’anticiper sur les décisions des gouvernements, en matière économique. Ceci induisait de fait l’inutilité d’une politique économique ! Ce fut une grave erreur de jugement, d’ailleurs ces mêmes économistes sont ensuite revenus sur leurs propres théories. On ne peut laisser dire que le marché est apte à répondre à toutes les questions. Le marché crée des inégalités nouvelles et accentue celles existantes, les victimes des excès du marché sont nombreuses.

Au cours de ces différentes et nombreuses expériences, B. Soulage a constaté que le pays ayant la politique ultra-libérale la plus exacerbée était la Chine, dans ce pays tout est payant, même l’éducation des tout petits… ce qui n’est pas le cas aux USA ou en Angleterre. La Chine est ulta-libérale, en ce qui concerne l’économie et le social, mais sans liberté .

L’un des points saillants et préoccupant concerne l’environnement : comment arrêter la course folle qui nous mène à l’auto-destruction, comment promouvoir la protection de l’environnement ? Il faut une politique forte et volontariste en matière de transport, notamment de marchandises, afin de limiter l’utilisation du transport routier. Les simulations effectuées par la région Rhône-Alpes démontrent une nécessité impérieuse d’agir.

Nous ne devons pas avoir de complexe en la matière ! Nous sommes dans une économie de marché, mais devons réaffirmer la prédominance de la politique sur le marché, de l’humain sur l’économie.

Henri Emmanuelli nous rappelle qu’il a voulu ce débat, afin de répondre et mettre fin à une longue exaspération, venant d’une litanie médiatique et politique qui voudrait nous faire croire que les socialistes refuseraient et nieraient l’économie de marché.

Quand en 1972, il a adhéré au PS, venant de la banque Rothschild, il n’a eu aucun complexe et n’a vécu aucune contradiction.

Le 23 mars 1983 quand le gouvernement Mauroy décida ne pas quitter le Système Monétaire Européen et d’imposer une politique de rigueur à la France, les socialistes confirmaient leur acceptation de l’économie de marché.

Au cours des différentes périodes où nous avons géré la France, nous n’avons pas à rougir de notre action, nous devons même être fiers d’avoir réduit fortement l’inflation, d’avoir rendu positif le solde du commerce extérieur, d’avoir modernisé et moralisé les marchés financiers… nous sommes de bons gestionnaires !!

Sous le gouvernement Jospin, notre politique a permis d’obtenir une croissance supérieure de 1% de la croissance européenne. La droite depuis 2002 a mené une politique néfaste qui s’est traduite par une croissance inférieure de 1% à la croissance européenne ! les chiffres parlent ! cela ne peut être niée.

Les socialistes ont montré par leurs représentants et experts qu’ils savaient gérer, par exemple Pascal Lamy à l’OMC, et bientôt Dominique Strauss Khan au FMI.

Alors quelle est la question induite ? C’est simple, il s’agit pour la droite, arrogante et inefficace, d’éluder ses responsabilités; C’est une charge idéologique et pernicieuse ! le but est de nous amener à nous justifier et de nous faire abandonner nos idéaux de régulation et de redistribution : c’est là le cœur du débat !

Nous, socialistes, refusons que tout soit marchandisé, nous sommes pour la régulation, nous sommes pour l’action publique…

Pour être crédible soyons fiers de ce que nous sommes, réaffirmons notre idéologie, ne fuyons pas les débats et les controverses. Nous devons affirmer notre socle commun, idéologique, pour construire notre maison et offrir des perspectives aux Français.

Michel Sapin constate que lorsque nous ne sommes pas en période électorale, que nous ne sommes pas en conflits, la parole est libre et constructive, nous ne sommes pas en attente du regard de l’autre, fut-il un camarade.

Pour revenir au thème de la table ronde, nous pouvons affirmer que les socialistes agissent et gèrent dans le marché. Cependant, notre action doit amener les correctifs nécessaires, nous devons mener des politiques publiques de régulation. La financiarisation de l’économie est un danger et rend le marché myope; Sa vision de court terme n’est pas respectueuse de l’environnement, finalement le marché est de plus en plus fou et destructeur…

Notre action doit donc s’orienter vers des politiques publiques de régulation au niveau régional, national, européen et international.

Le Président de la République dans son omniprésence médiatique n’est pas à une contradiction près : un jour il affirme : « travailler et enrichissez vous, gagnez de l’argent » en pensant aux marchés financiers et quand des difficultés se présentent, il dit « non aux spéculations ». Illustration du double langage et du populisme du discours présidentiel.

Débat

Albert regrette que dans la dialectique socialiste ne soit traité que le rôle des grandes entreprises; Nous ne faisons pas assez de cas des PME-PMI. D’autre part nous devons nous interroger sur notre vision de l’économie, ses objectifs. De plus nous devons redéfinir le rôle de l’Etat, nous questionner sur la dépense publique…

Geoffrey de Béthune s’inquiète des risques de délocalisations et s’interroge sur la politique industrielle européenne. N’y a-t-il pas un risque de nivellement par le bas des salaires ?

Pervenche Bérès nous rappelle que le marché a besoin du socialisme; Les exemples ne manquent pas où son absence crée des inégalités. Au sein de l’UE, même si des mécanismes de solidarité existent, ils sont tout à fait insuffisants. La crise boursière du mois d’août a mis en exergue de multiples lacunes et lourdeurs de régulations du marché. Il faut contrer la folie du marché.

Jean-Yves de la fédé de Charente maritime illustre son propos sur les systèmes de régulation du marché par l’exemple des coopératives qui limitent la rémunération du capital et réservent une part importante des fonds à l’investissement.

Jean-claude regrette que l’on ne parle pas de l’entreprise en tant que structure économique et sociale. Il insiste par ailleurs sur la nécessité de créations d’emploi et d’une croissance forte sans toutefois gaspiller nos ressources énergétiques. Il faut s’occuper davantage des PME, réfléchir à la création de métiers innovants et surtout découpler croissance et consommation, afin d’avoir une vision claire de l’économie de marché.

Paul propose aux socialistes de réaffirmer nos compétences économiques notamment dans les médias qui ne cessent de les dénigrer. Par ailleurs il demande que l’on s’interroge sur les acquis sociaux et que l’on soit lucide sur ceux-ci, ainsi que sur la pertinence de nos alliances politiques, notamment avec les partis qui récusent l’économie de marché.

Marie Thérèse du Cantal nous exhorte à nous (re)approprier les réformes nécessaires pour réguler le marché.

Fabrice nous rappelle que derrière le terme de marché, il y a des hommes, c’est pourquoi la puissance publique peut et doit intervenir en termes de régulations du marché.

En conclusion Michel Sapin nous rappelle que le PS est entré dans une phase de réflexion qui faite suite aux revers électoraux que nous avons connus ce printemps et que nous devons prendre ce temps pour redéfinir notre doctrine.

Il s’agit quand nous voulons traiter du marché de parler des entreprises, de leur fonctionnement et de tous les éléments qui participent à sa bonne marche. Nous savons tous qu’il existe des approches différentes selon qu’il s’agit de petites, de moyennes ou de grandes entreprises, chaque cas est « particulier », chaque réponse doit dons être spécifique. Sarkozy, dans son discours au MEDEF, a promis, et c’est une bonne chose, de favoriser par le crédit d’impôt, l’investissement dans la recherche; Le « hic » est que sa politique va accentuer les disparités entre petites et grandes entreprises qui vont concentrer la plus grande partie de ces crédits. Il s’agit donc d’élaborer des politiques ciblées et adaptées, nous devrions ainsi nous inspirer de l’exemple de l’Allemagne qui a un tissu de PME bien plus développé et dynamique que la France.

Henri Emmanuelli insiste sur l’ « entité » marché qu’il définit comme un ensemble composé de l’entreprise, des salariés et des actionnaires, et chaque situation est particulière. Il rappelle également que le coût des 35h n’a pas représenté comme l’assènent la droite ou le MEDEF l’ampleur invoquée, car il y a eu simultanément une baisse très sensible de la taxe professionnelle.

Bernard Soulage estime que la politique salariale doit être égulée par le marché, l’intervention publique peut alors intervenir pour corriger les dérives à travers l’impôts. Concernant la lutte contre les délocalisations, la concurrence de la Chine pourrait être atténuée si une vraie démocratie sociale existait au sein des usines de ce territoire. Si un Président démocrate venait au pouvoir aux USA, conjointement à une vraie démocratie syndicale en Chine, cela favoriserait une gouvernance mondiale du marché et éviterait certaines disparités. Il ne considère pas la taxe Tobin comme très efficace car trop de pays puissants économiquement la contourneraient. Il faudrait en fait trouver des accords entre pays majeurs.

Pierre Alain Muet rappelle que lorsque l’Espagne, le Portugal… sont entrés dans l’UE, des mécanismes de solidarité ont permis de limiter les délocalisations en interne. Il nous faut donc élargir et amplifier ces fonds structurels de solidarité

Source : site PS La Rochelle 2007

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05 septembre 2007

Recueillir les bonnes pratiques

Claudy Lebreton (FNESR) : recueillir les bonnes pratiques

Les élections municipales et cantonales doivent donner l’occasion aux élus socialistes de prouver que les réponses qu’ils apportent en matière d’emploi, de logement, de sécurité, de développement durable ou de solidarité sont adaptées aux défis que rencontrent nos concitoyens. Claudy Lebreton, président de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESR) et de l’Assemblée des départements de France (ADF), évoque les travaux du séminaire des élus, qui s’est tenu à l’ouverture des universités d’été de La Rochelle, du 29 au 31 août, et avance quelques pistes en prévision des échéances de mars 2008.

Le séminaire des élus de La Rochelle a rassemblé plusieurs centaines de participants autour des choix de société qui guident leurs actions. Quels enseignements tirez-vous de ces rencontres ?

Un mot d’abord sur leur déroulement. Jusqu’à une période récente, le nombre d’inscrits à ce séminaire d’été dépassait rarement le seuil de 300 participants. Mais, depuis trois ans, nous observons une augmentation annuelle des inscriptions supérieure à 40 %. Ainsi, cette année, nous avons atteint le chiffre de 500 participants. C’est la preuve que la persévérance finit toujours par payer.

Sur le fond des débats, chacun entend prendre part à la refondation du parti. De ce point de vue, les élections municipales et cantonales donneront l’occasion aux élus de prouver que les réponses qu’ils apportent en matière d’emploi, de logement, de sécurité, de développement durable ou de solidarité sont adaptées aux défis que rencontrent nos concitoyens. Et de démontrer ainsi que les socialistes sont parfaitement audibles sur ces thématiques. Mais, soyons clairs : la refondation que nous appelons de nos vœux prendra du temps. Et chacun des rendez-vous électoraux qui suivra l’échéance de mars 2008 sera un véritable test, en permettant de créer les conditions d’une alternance politique.

À quelques mois seulement des échéances municipales, quels sont les principaux thèmes sur lesquels les élus socialistes vont devoir se concentrer ?

Nous devons faire vivre le socialisme du XXIe siècle, en maîtrisant pleinement les mécanismes qui régissent la vie locale et en nous penchant plus encore sur les relations entre État et collectivités, au-delà de la culture centralisatrice dans laquelle le Parti se complaît trop souvent. Il est essentiel de redéfinir les rôles et les missions de chacun.

Il nous faut également impérativement réfléchir à la question des solidarités, à l’heure où la droite dénonce une prétendue politique d’assistanat qu’elle oppose au principe du « travailler plus pour gagner plus ». Il s’agit d’imaginer de nouvelles solutions, en pensant aux quelque 20 millions de Français qui sont confrontés à l’insalubrité et à la précarité. Cela transite par la réhabilitation de l’impôt, érigé en véritable instrument d’égalité et de justice sociale.

Ces éléments de réflexion feront l’objet d’un projet élaboré par le Parti et la FNESR, qui sera publié à l’automne. Ce document recensera les bonnes pratiques locales des municipalité et collectivités dirigées par des socialistes, dans la perspective d’élections municipales et cantonales qui représentent la première étape de notre stratégie de reconquête.

Quels seront les temps forts de la campagne ?

Nous participerons activement aux rencontres programmées par le Premier secrétaire, en concentrant nos forces sur un projet inscrit au cœur de la réalité sociale et culturelle des territoires. À cet effet, un conseil national de la FNESR se réunira courant décembre. Notre souci est de faire vivre la diversité. D’ailleurs, toute équipe municipale doit être guidée par la volonté de représenter la cité dans sa pluralité.

Propos recueillis par Bruno Tranchant (source : site du PS - La Rochelle 2007)

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CR atelier n° 7 "le comportement des nouveaux électeurs"

Compte-rendu de l'atelier n° 7 "Le comportement des nouveaux électeurs"

Le thème des nouveaux électeurs a occupé un espace médiatique relativement important dans les campagnes électorales de 2007 grâce à un fort regain d’inscription sur les lises électorales en 2006 et par un taux de participation historiquement élevé lors des deux tours des élections présidentielles.

Rémi Lefebvre introduit ce débat en prenant soin de ne pas surestimer le comportement de ces nouveaux électeurs. En effet, la « grande volatilité » de leur comportement est une idée assez répandue et entendue, l’idée que l’on soit passé avec ces élections d’électeurs « captifs » selon leurs origines sociales à des électeurs « stratégiques » qui décideraient de leur vote selon les candidats, leurs discours, leurs propositions … Remi Lefebvre tient à nuancer cette analyse, car il la considère plus comme une vision « sondagière », les instituts de sondage ayant intérêt à la défendre pour pimenter le cours de l’élection. Or cette analyse est en fait infirmé par les enquêtes qualitatives post-électorales qui prouvent que les électeurs « jouent » avec ces sondages pour influencer le cours de la campagne.

Il dégage ensuite 6 analyses principales concernant ces nouveaux électeurs :

  1. Le vote des nouveaux inscrits

En 2006, nous assistons à une vague d’inscription sur les listes électorales : 1,8 Millions de nouveaux électeurs. Par rapport à 2002, 3,4 Millions d’électeurs supplémentaires sont inscrits. Ce renouvellement important ne dépend pas des données démographiques entre 2002 et 2007. La vague d’inscription dans les quartiers populaires donnait à penser que le renouvellement serait au bénéfice de Ségolène Royal. Or, selon les enquêtes d’opinion, seulement 30% des nouveaux électeurs affirment avoir voté pour elle (27% pour Nicolas Sarkozy) par rapport aux 26% de la population en général qui affirment avoir voté pour elle (27% pour Nicolas Sarkozy)

  1. Le paradoxe de la participation :

Les élections de 2007 ont offert 2 records : un record de participation au 1er tour de la présidentielle (84%) et un record d’abstention au 1er tour des législatives (40%). Rémi Lefebvre explique ce gros changement en 7 semaines par la dramatisation et la médiatisation du scrutin présidentiel et parce que cette élection était placée sous le signe du renouvellement des candidats et du type de campagne. Par ailleurs, le déclin de la participation vient de l’inversion des échéances électorales et du quinquennat rendant un côté « redondant » aux élections législatives qui suivent la présidentielle.

  1. La chute du Front National :

C’est la donnée majeure du dernier cycle électoral. Nicolas Sarkozy a réussi à unifier les droites et a siphonné le Front National ; de nombreux commentateurs estimant que c’est là que s’est jouée l’élection. Nicolas Sarkozy a par ailleurs mené une « stratégie attrape-tout » en attirant les électeurs du FN au 1er tour tout en mobilisant une partie du vote centriste entre les deux tours.

4. Énigme du vote Bayrou :

François Bayrou a triplé ses voix entre 2002 et 2007. C’est un vote démocrate-chrétien traditionnel à l’origine qui a su s’émanciper de cet héritage : on peut le diviser en gros entre ¼ d’électeurs de gauche, ¼ de droite et la moitié du centre. Sa candidature « anti-système » lui a permis de séduire des électeurs du Front national mais n’a pas percé autant qu’on pouvait l’imaginer auprès des enseignants (41% ont voté SR, 24% FB).

5. Report des voix :

A gauche du PS, même si tous les dirigeants ont appelé à voter Ségolène Royal, 1/3 des électeurs n’ont cependant pas voté pour elle au second tour. A droite, Nicolas Sarkozy a très largement canalisé le vote FN. L’électorat de François Bayrou s’est reporté pour 1/3 sur Ségolène Royal, 1/3 sur Nicolas Sarkozy et 1/3 se sont abstenus.

6. La ville et les changements électoraux :

Le vote rural et surtout périurbain (type nouveaux propriétaires) a été très largement capté par Nicolas Sarkozy alors que le vote PS tend de plus en plus à devenir un vote de centre-ville, de villes moyennes et grandes (type bourgeoisie intellectuelle). Dans les villes de banlieues, on constate de grosses différences selon la nature de sa propriété : les zones pavillonnaires ont voté très majoritairement pour Nicolas Sarkozy quand dans les quartiers sensibles le vote a été massif pour Ségolène Royal. Le séparatisme urbain a donc été au cœur de cette élection

En conclusion, Rémi Lefebvre considère qu’il faut prendre de la distance avec la supposée analyse de la volatilité électorale. Selon lui, les variables sociologiques restent encore fortes. Le socle sociologique de Nicolas Sarkozy est par exemple toujours profondément ancré à droite : 80% des petits commerçants, 70% des agriculteurs, une forte majorité de cadres.

Marie-Noëlle Lienemann confirme que pour elle la grande question de cette élection est la captation du Front National par Nicolas Sarkozy. Les questions que les socialistes doivent maintenant se poser sont de savoir si cette captation est durable et comment le PS va se comporter pour reconquérir l’électorat populaire.

Marie-Noëlle Lienemann retire comme point positif de cette période électorale la mobilisation des quartiers populaires qu’elle analyse comme une volonté de contrer Nicolas Sarkozy et d’empêcher l’accession du Front National au second tour de l’élection présidentielle comme en 2002.

Elle explique en partie la volatilité à gauche par une baisse de la culture politique de gauche. C’est une des raisons qui peut, selon elle, expliquer l’importance du vote Bayrou, 5 à 6% de ses électeurs n’étant pas vraiment des centristes mais pouvant être considérés comme « momentanément ailleurs ». Par rapport à Bayrou, elle fait sienne la théorie Mitterrandienne qui dit que le centre va toujours au second tour vers le plus fort, vers le parti dominant du 1er tour.

Malek Boutih considère qu’il y a un changement de donne électorale et un nouveau comportement électoral indéniable : une formation politique faisant régulièrement plus de 12% à 15% aux élections présidentielles depuis 20 ans a quasiment disparu, la gauche du Parti socialiste fait son score le plus bas depuis des décennies et le scrutin tend vers une bipolarisation très accrue.

Malek Boutih considère qu’il est trop simple d’analyser le captage du vote FN par Nicolas Sarkozy par une lepénisation de son discours, même si il a pu envoyer des signes à l’électorat frontiste. La droite Française a dans son histoire politique depuis 25 ans toujours essayé (Pasqua 86-88 et 93-95, élections régionales 98) mais a toujours échoué. Selon lui, la chute du Front National vient surtout du fait que sa réponse politique n’est plus adéquate : les Français se rendent compte que la société est métissée et que les immigrés restent et resteront. Le fort taux de mariages mixtes (40%) prouve que la diversité s’impose.

Concernant l’électorat de Bayrou, il affirme que celui-ci est énigmatique : il n’est pas au PS mais pas à Droite non plus. C’est donc un challenge pour le PS de le reconquérir.

Concernant la fracture urbaine, Malek Boutih considère que la ville est un enjeu primordial pour la reconstruction idéologique, pragmatique et politique de la gauche. En effet, l’urbanisation contraint à penser ensemble et collectif. Autour de la même idée du vivre ensemble, l’écologie et l’international sont aussi pour lui des enjeux majeurs.

Enfin, Malek Boutih considère qu’il ne faut pas précipiter les choses en cette période post-électorale car selon lui la Gauche est en quête d’identité. En effet l’émergence d’un nouveau comportement électoral implique l’émergence d’une nouvelle identité pour la gauche qui soit en phase.

Les premières interventions de la salle reprochent à Marie-Noëlle Lienemann les propos qu’elle a tenus sur Ségolène Royal dans une interview au JDD le dimanche précédent. Marie-Noëlle Lienemann considère en réponse que la première valeur pour un socialiste c’est l’esprit critique. Il ne faut pas selon elle étouffer le débat comme on l’a fait par le passé mais au contraire faire preuve de franchise.

Un camarade de Bobigny, considérant que le vote Bayrou était plutôt un vote « intellectuel », se demande si les attaques sur les compétences de la candidate n’ont pas favorisé ce vote. Un autre interroge les intervenants sur la teneur nationaliste du vote ouvrier FN. Enfin un dernier s’étonne de la faiblesse de la densité idéologique du PS concernant l’international.

Rémi Lefebvre considère qu’il y a une lepénisation du discours de Nicolas Sarkozy. Il cite à cet égard deux formules usitées par lui dans la campagne : « La France tu l’aimes ou tu la quittes ? » et le « Ministère de l’immigration et de l’identité nationale ». Cependant il reconnaît que Nicolas Sarkozy peut tenir la rhétorique du Front National sans pour autant en faire sa politique. Il considère que les électeurs de Bayrou, plus qu’un challenge, sont une diversion pour la gauche et que l’identité de la gauche devrait avant tout se déterminer sociologiquement.

Malek Boutih considère que la chute du FN oblige enfin la gauche à se définir non pas en négatif (« c’est nous ou le diable (le FN) »), mais en positif.

Ariane Paris (Colombe) considère que le PS ne doit pas être qu’une machine électorale mais doit avant tout être une lieu de réflexion politique. Lucien Fontaine (Picardie) a milité pour inscrire les jeunes sur les listes électorales et considère que le plus dur a été ensuite de constater l’impasse de nombre d’entre eux qui posaient les questions : « pour qui aller voter ? », « à quoi ça sert ? », « c’est quoi la différence entre la gauche et la droite ? ». La culture politique est en recul dans les quartiers, le PS doit donc insuffler une nouvelle culture militante pour expliquer ce qu’est la gauche, son identité, ses valeurs. Yann (Isère) pense aussi que l’identité est le problème majeur de la gauche et se pose la question de savoir si l’identité ne doit être que sociologique ? Entre exploitants et exploités ? Est-ce que ce clivage ne serait pas dépassé ? Martine Guillaume (94) pense aussi que se poser les questions de son identité est nécessaire, d’autant plus que les derniers mois ont vu beaucoup de socialistes s’affranchir des règles du PS. David Fabre (91) pense qu’il n’y a pas eu de lepénisation du discours de Nicolas Sarkozy, mais que celui-ci, en s’adressant à différentes communautés d’individus séparément, a constamment créé des fractures entre les gens, ce qui a pu plaire aux électeurs du Front National. Daniel Chambon (91) cite Jaurès pour éviter que les réflexions de certains socialistes n’opposent les ouvriers aux classes moyennes et aux bobos : « le socialisme c’est vouloir le bonheur du plus grand nombre ». George Pau-Langevin (75) se réjouit d’avoir vu pour la première fois dans une campagne électorale de l’enthousiasme et de la ferveur dans les quartiers populaires. Il faut selon elle respecter cet élan qui a été créé. Un camarade du Calvados rappelle que le monde ouvrier n’est pas monolithique : l’industrie s’étant effondrée, les « nouveaux ouvriers » de la grande distribution, des services ne sont plus matricés par les syndicats. Travaillés par des logiques d’individualisation, ils s’éloignent de leur conscience de classe.

Dans sa conclusion, Rémi Lefebvre confirme que l’appartenance à une classe sociale reste selon lui une question pertinente et pose la question de savoir comment recréer des liens entre les gens. Le Parti socialiste pâtit de son narcissisme et de ses querelles internes qui l’éloignent de la société. L’urgence est donc d’inventer de nouvelles formes de militantisme, d’ouvrir le PS sur la société et de politiser les masses. Il faut réinventer les valeurs de fierté pour la gauche.

Dans sa conclusion, Malek Boutih considère que dans toute période politique il ne faut pas passer d’un extrême à l’autre et que le premier stade du débat est surtout de cerner les bonnes questions : force est de constater que le PS, bien qu’extrêmement critiqué actuellement, est une réussite au niveau local dans la gestion politique des populations (20 régions sur 22, de nombreuses grandes villes, la majorité des départements). Le gros problème du PS concerne donc surtout tout ce qui touche au rapport du PS avec le monde, quelle est la place du socialisme dans la mondialisation ? Enfin, il considère qu’on peut se relever de défaites électorales mais qu’il est plus dur de se relever de violences et de division dures internes occasionnées lors des campagnes. L’état d’esprit doit donc changer et le PS doit retrouver du plaisir à vivre, à discuter ensemble et à confronter différents arguments et analyses.

source : site du PS - La Rochelle 2007

Grand témoin : Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques à l’Université de Reims

Intervenants : Malek Boutih, Marie-Noëlle Lienemann

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CR atelier n° 2 "l'offre idéologique de Sarkozy"

Compte-rendu de l'Atelier n° 2 "L'offre idéologique de Sarkozy"

Alain BERGOUNIOUX engage le débat en précisant qu’il ne s’agit pas de se livrer à un quelconque exercice de sado-masochisme. Il faut comprendre ce qui s’est passé et aller au-delà d’une simple description pour bien cerner les conséquences pour notre propre action. La cohérence du projet de Nicolas Sarkozy doit être relativisée. La politique est toujours un assemblage d’idées fortes, de stratégies et de communication. La démarche de l’actuel Président de la République s’inscrit dans une évolution générale de la droite française et des droites européennes. Il importe donc de savoir comment et pourquoi cet assemblage a fonctionné.

Caroline WERKOFF, grand témoin et historienne, présente une définition de l’offre idéologique de Nicolas Sarkozy. Les propositions idéologiques du Chef de l’Etat ont fait l’objet de nombreuses conventions de la part de l’UMP entre 2002 et 2007, elles ont également été énoncées de manière approfondie lors de la publication de son ouvrage « Libre » en 2001. Les valeurs mises en avant par le Président de la République depuis 2002, lors de la campagne électorale présidentielle, et depuis son arrivée à l’Elysée, sont toujours les mêmes.

  • le travail, facteur d’émancipation,
  • le mérite,
  • le respect couplé à la notion d’autorité,
  • la volonté comme moyen de dépassement individuel,
  • la solidarité opposée à « l’assistance »,
  • l’identité nationale.

Parmi ces valeurs, le travail, le respect et l’ordre constituent des références majeures.

À partir de ce corpus idéologique, il convient de dégager quatre principes :

  • la réussite individuelle, face à un collectif qui « entrave »,
  • la libéralisation de l’économie, génératrice de réussites individuelles,
  • un ordre garant des libertés individuelles,
  • une personnalisation et un accroissement du rôle et de la place du Chef de l’Etat dans les institutions.

Pour Nicolas Sarkozy, la société représente d’abord un agrégat d’individus ; d’où sa volonté en matière scolaire de supprimer les aides collectives, de remettre en cause la carte scolaire, par exemple.

La libéralisation de l’économie, comme instrument majeur de réussites individuelles, renvoie à la dérégulation proposée du marché du travail et donc du contrat de travail, au contournement systématique des 35 heures, au principe du contrat unique de travail, mais aussi à la baisse continue des impôts et à l’instauration du bouclier fiscal à 50 %. C’est le, désormais classique, « travailler plus pour gagner plus » au service d’une approche des rapports sociaux purement individuels, niant toute réalité collective, toute organisation collective.

Par ailleurs, l’ordre représente un thème décisif pour le Chef de l’Etat. Cette problématique le conduit à insister sur la « crise de l’autorité » et donc au rejet de tout ce qu’incarne Mai 68. Sa conception de l’ordre se matérialise par une incitation à la défiance entre citoyens et par une référence à un rôle décisif de l’Etat, dépassant ou négligeant tous les corps intermédiaires. A noter sur ce sujet que Nicolas Sarkozy applique à la lettre ses orientations depuis 2002, grâce au cadeau que lui a accordé objectivement Jacques Chirac en le nommant Ministre de l’Intérieur.

Enfin, le souci de personnalisation et d’accroissement du pouvoir du Chef de l’Etat apparaît comme une constante dans l’expression de Nicolas Sarkozy. Il veut rompre avec la conception chiraquienne de la Constitution. Il néglige de manière assumée l’article 20 de la Constitution qui stipule expressément que le Chef du gouvernement conduit la politique de la Nation. Pour lui, c’est le Chef de l’Etat, assis sur la légitimité conférée par le suffrage universel qui conduit la politique, le Premier ministre se contentant d’un rôle de coordination. L’affaire de la libération d’infirmières bulgares illustre jusqu’à la caricature cette conception. Nous sommes pleinement dans une logique de présidentialisation visant à occulter les contre-pouvoirs territoriaux, les corps intermédiaires, les corps constitués.

En conclusion, pour Caroline WERKOFF, l’idéologie Sarkozy est fondée sur un alliage individu/personnalisation du pouvoir. Cette offre idéologique peut séduire : elle est à la fois porteuse de simplisme et de grand danger, car évacuant toute forme de complexité du monde et de la société, et génératrice d’oppositions permanentes entre citoyens.

Pascale LENEOUANNIC insiste comme Alain BERGOUNIOUX, sur la nécessité de comprendre ce que fait la droite et comment elle évolue. Pour Nicolas Sarkozy, le pouvoir se gagne par les idées et par le succès préalable d’une certaine hégémonie culturelle. De ce point de vue, l’ancien patron de l’UMP faisait clairement référence dès 2002 à la démarche Gramscienne. Au cours de cette campagne, la droite est parvenue à organiser le débat public sur son terrain et sur ses idées : il s’agit d’une novation, appelée de ses vœux dès 1980, par le Club de l’Horloge.

Ainsi, Nicolas Sarkozy s’est situé d’emblée sur le terrain de la rupture s’exonérant de son bilan et confisquant précisément le thème de la rupture. Il s’est également efforcé d’affirmer un discours de division des salariés à partir d’une logique subreptice de mise en exergue de prétendus boucs émissaires.

Ainsi, et simultanément, la question de l’individu est devenue le sujet majeur avec tous les risques de détricotage du collectif, tant sur le plan social que sur le plan politique.

Pour Pascale LENEOUANNIC, face à cette démarche, il nous faut engager un travail de reconquête. Celui-ci passe par un instrument militant, tel que le Parti Socialiste, mais aussi comme les associations ou les organisations syndicales. La reconquête du terrain perdu suppose également l’organisation d’une diversité interne à notre organisation, revendiquée, et parfaitement assumée.

Faouzy LAMDAOUI considère que Nicolas Sarkozy dispose d’un corpus idéologique au-delà d’une démarche stratégique et d’une tactique opportuniste. Sa tentative de captation de l’héritage de Jean Jaurès et de Léon Blum montre sa volonté de confondre les repères et les mémoires. Cette attitude s’accompagne d’un recours permanent à la communication émotionnelle. Pour autant, l’essentiel de son action et de son discours, renvoie à une forme de néoconservatisme qui constitue aussi une rupture avec sa propre famille, qu’il s’agisse du Gaullisme social, ou d’une certaine forme de Républicanisme chiraquien.

Plusieurs intervenants dans la salle insistent sur le risque politique que constitue l’offre idéologique de Nicolas Sarkozy ainsi que sur sa démarche à la fois simpliste et populiste. Beaucoup de participants mentionnent également l’importance et la puissance des soutiens médiatiques dont il dispose. Ils lui reprochent, en outre, son refus de prendre en compte la complexité de la société et celle du Monde. Au cours de la campagne, le candidat de l’UMP s’est refusé à évoquer de manière claire et approfondie la question de la mondialisation à l’œuvre : il s’est contenté d’un dimensionnement d’un discours autour de l’individu. Enfin, une intervenante pose la question de savoir si, de par sa pratique et ses réflexes, Nicolas Sarkozy n’est pas davantage une sorte « d’Etatiste ».

Alain BERGOUNIOUX rappelle que le Chef de l’Etat s’inscrit dans un mouvement général des droites européennes, il pratique à la fois un libéralisme gestionnaire et un libéralisme conservateur au profit de catégories les plus aisées et des grands intérêts. L’affaire du paquet fiscal le confirme pleinement. L’offre idéologique de Nicolas Sarkozy est, en harmonie avec la tradition de la droite française ; elle considère que la société ne peut progresser que par le haut et en s’appuyant sur une certaine forme de centralité de l’Etat. Enfin, la référence à l’identité nationale est permanente, même si des inflexions atlantistes méritent d’être soulignées.

Enfin, et au-delà de ces orientations idéologiques, Nicolas Sarkozy est aussi un stratège : en quelques années, il est parvenu à refaire l’unité des droites, à neutraliser une partie de l’extrème-droite et à jeter le trouble au sein de l’électorat de gauche afin d’élargir suffisamment sa base sociale et de réunir ainsi une majorité nette de suffrages. De ce point de vue, toute la thématique du « mérite » nécessite de notre part une réponse adaptée et novatrice.

Caroline WERKOFF estime qu’on ne peut pas limiter la pensée sarkozienne aux frontières de l’ultra-libéralisme. C’est à la fois plus ambivalent et plus complexe.

Pascale LENEOUANNIC déplore que Nicolas Sarkozy ait en partie gagné sur le slogan « enrichissez-vous ! ». Aujourd’hui, dans la société française, devenir riche individuellement est devenu légitime. Cette aspiration ne peut pas, à ses yeux, se confondre avec un projet politique de gauche.

Faouzy LAMDAOUI revient sur la démarche compassionnelle et émotionnelle de Nicolas Sarkozy. Il constate que celui-ci capte les problèmes, les nomme mais les règle rarement.

Plusieurs intervenants dans la salle considèrent que nous devons insister sur le simplisme de l’offre idéologique de Nicolas Sarkozy et opposent le développement d’une approche plus complexe de la société et des rapports sociaux. Enfin, quelques participants regrettent que notre Parti n’ait pas suffisamment travaillé par l’intermédiaire de conventions thématiques, pendant que l’UMP s’armait politiquement et idéologiquement.

En conclusion, Alain BERGOUNIOUX rappelle que Nicolas Sarkozy s’inscrit bien dans une tradition française fondée sur le conservatisme, le libéralisme et l’Etatisme. Nous devrons affirmer des oppositions frontales, comme dans le domaine fiscal ou dans celui du droit du travail. Sur d’autres sujets, comme l’ordre ou le mérite, il nous faudra développer des alternatives novatrices tenant compte de la complexité et des contradictions de la société. Enfin, le Secrétaire national aux Etudes précise que depuis 2004, notamment, notre Parti n’a pas pu donner tout le temps nécessaire à la réflexion relative à notre projet collectif compte tenu de la crise qu’il a traversée pendant plus de 18 mois sur le dossier européen. Il justifie la nécessité rétrospective de construire une synthèse dynamique en 2005 pour asseoir et affirmer l’unité si précieuse de notre Parti.

Pascale LENEOUANNIC souhaite, pour sa part, un débat sans concession sur le couple individu/collectif. À ses yeux, il existe des droits inaliénables pour les salariés comme pour les citoyens qui la conduisent à rejeter l’approche relative aux « droits » et « devoirs ». Elle confirme enfin son attachement au débat d’idées, de courants au sein du Parti et à la diversité socialiste.

(source : site PS- La Rochelle 2007)

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04 septembre 2007

CR atelier n° 6 "sondages, anticipation ou précipitation" ?

Compte-rendu de l'atelier n° 6 "sondages, anticipation ou précipitation" ?

Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres, introduit le débat en rappelant qu’à l’occasion de cette campagne électorale, ce qui a été mesuré par les sondages à partir de la mi-janvier s’est retrouvé dans les urnes.

Si les sondages ne se sont pas trompés, nous pouvons constater que nous avons été confrontés lors de cette campagne présidentielle à un candidat qui maîtrisait mieux que nous cet outil, ainsi que son impact sur l’opinion publique.

Pour illustrer son propos, elle prend l’exemple de la création d’un Ministère de l’immigration. L’idée est testée par sondage, dont le résultat est positif, lequel n’est révélé que quelques jours après que sa formulation dans une émission de télévision, laissant entendre que cette proposition aurait été validée a posteriori par l’opinion publique.

Jérôme Sainte-Marie, directeur de l’institut de sondages BVA Opinion, souligne à quel point, en tant que sondeur, cette campagne aura été passionnante.

Il s’agit pour lui de parler dans cet atelier de la part qu’occupent les sondages dans les stratégies politiques, et de celle qu’elle devrait occuper dans un parti politique comme le Parti socialiste.

Pour introduire son propos, il tient tout d’abord à mettre en relief trois différents aspects des sondages qui structureront son développement :

  • Tout d’abord la fabrication des sondages, plus particulièrement sur la question des intentions de vote et de la relation des instituts de sondages avec leurs commanditaires.
  • Ensuite sur les effets des sondages sur l’opinion publique, en quoi ils provoqueraient une amplification des mouvements perçus ou au contraire une correction.
  • Enfin sur les stratégies des leaders politiques dans leur gestion des enquêtes d’opinion.

Jérôme Sainte-Marie montre que depuis le début des années 1990, nous avons été confrontés à trois types de campagnes.

Sur les référendums européens tout d’abord, de Maastricht en 1992 et à propos du projet de traité constitutionnel en 2005. Dans ces deux cas, le résultat initialement attendu, un assentiment largement positif, à été démenti au cours de la campagne.

Ainsi, et en quelques semaines on est passé d’intention de vote en faveur du Oui passant de 75% trois mois avant le scrutin à un résultat de seulement 51% le jour du vote en 1992.

Pour le référendum de 2005, et alors que les sondages donnaient 65% d’intentions de vote favorable en décembre 2004, le Oui ne fera au final que 45%.

Il y a ensuite le cas de l’élection présidentielle de 1995. Pendant de nombreux mois, et parce que l’offre politique n’était pas stabilisée, on ne teste pas les bonnes hypothèses. Il y a une sur-réaction par rapport à des hypothèses fausses, les instituts de sondages testant plus des « préférences » de vote que des « intentions » de vote.

Ainsi, des sondages positifs encouragent une candidature du Premier ministre Edouard Balladur.

Il existe également une forte incertitude au Parti socialiste sur le cas de Jacques Delors, lequel devance Edouard Balladur dans les enquêtes. Jacques Delors déclarera forfait le 11 décembre 1994, et c’est Lionel Jospin qui sera quelques semaines plus tard investi par le Parti socialiste. Le changement des intentions de vote en faveur de Jacques Chirac ne se fait que lorsque le jeu politique s’est clarifié, que l’offre réelle est stabilisée.

Pour ce qui est de la dernière séquence électorale, le changement s’est fait autour de Noël 2006. Jusqu’alors Ségolène Royal bénéficiait d’une légère avance sur son adversaire. A partir du mois de janvier 2007, celle-ci est systématiquement devancée par Nicolas Sarkozy, tant dans les sondages de premier que de second tour. Il faut également, pour étudier cette période, souligner d’une part la forte montée des intentions de vote en faveur de François Bayrou, ainsi que la stabilité du vote Front national et l’absence de progression de l’extrême gauche (à l’inverse de 2002).

Le débat s’ouvre ensuite dans la salle, notamment sur la pertinence d’avoir testé la présence de François Bayrou au second tour et l’impact positif que cela aurait pu avoir en terme d’intentions de vote en sa faveur au premier tour, et de manière plus générale sur la pertinence des sondages de deuxième tour alors que les électeurs ne se sont pas encore prononcés.

Jérôme Sainte-Marie reconnaît que cette hypothèse a été testée en premier par l’institut BVA. Il rappelle que les intentions de vote en faveur de François Bayrou sont montées jusque 24%, rendant l’hypothèse d’une qualification de François Bayrou au deuxième tour probable. Pour justifier du choix de tester cette hypothèse, le directeur de BVA Opinion souhaite rappeler les leçons tirés du 21 avril 2002, où jamais l’hypothèse d’une présence de Jean-Marie Le Pen présent au second tour de l’élection présidentielle n’avait été jugée probable. De plus il rappelle que le choix de tester cette hypothèse faisait également écho au faible écart en intentions de vote, mois de six points, qui séparait les candidats placés deuxième et troisième.

Sur la question de savoir s’il faut réaliser des sondages de deuxième tour, il rappelle que pour de nombreux électeurs il s’agit d’un élément très important pour justement déterminer leur vote de premier tour (par exemple, savoir qui sera le plus à même de battre Nicolas Sarkozy). Le fort écart annoncé entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy pour le second tour des élections aura peut-être amené des électeurs à se mobiliser pour corriger le tir.

Pour Delphine Batho, le cas de François Bayrou pointe très clairement la relation entre les médias et les instituts de sondages. L’institut de sondage vend une commande à des médias qui ont besoin de créer l’événement. Elle rappelle qu’un institut s’était laissé entraîner dans cette logique de « scoop » en corrigeant légèrement à la hausse le résultat réel d’une de ses enquêtes pour donner le niveau réel, mais en baisse, lors de la vague suivante. Ce faisant, en augmentant le différentiel il aura accru l’impression d’une forte baisse.

La question de la sincérité des sondages revient dans de nombreuses interventions de la salle. Jérôme Sainte-Marie rappelle qu’il est difficile de biaiser les questions, car cela risquerait d’être contre-productif.

Par contre il souligne que les sondages peuvent avoir clairement une vocation utilitariste, s’inscrivant dans une stratégie de campagne. Ainsi, un candidat peut commander un sondage et se réserver le droit de le publier en fonction des résultats, selon qu’ils lui soient positifs ou non. Ou commander une question dont on connaît la réponse.

En ce sens, Delphine Batho mentionne qu’une question opportunément posée peut accréditer un élément du discours d’un candidat. Ainsi, non seulement Nicolas Sarkozy a pu tester ses idées et sa stratégie en amont, puis publier de façon opportunistes de sondages abondant en son sens.

Jérôme Sainte-Marie souligne les instituts de sondages peuvent être tentés de succomber à la tentation du marketing électoral. Il rappelle que les enquêtes politiques sont une vitrine pour les instituts, et qu’il est important pour chacun de se faire connaître au maximum. Mais pour autant, il est important pour ces derniers d’être crédible. Ainsi, il n’est pas possible de publier des chiffres fantaisistes ou faisant le « « yoyo », au risque de lasser l’opinion.

Un certain nombre de questions de la salle portent sur les aspects techniques des sondages, notamment pour mieux comprendre pourquoi les instituts de sondages qui ont connu leur « bérézina » en 2002 s’en sont mieux sortis cette fois-ci.

Jérôme Sainte-Marie souligne que pour l’institut de sondage qu’il dirige un travail important a été fait sur l’échantillonnage, notamment sur les critères de diplômes, permettant de sonder des couches de la population qui ne l’étaient pas forcément auparavant. Les intentions de vote publiées par son institut auront été très proches du résultat sortie des urnes.

Interrogée sur la question du poids des sondages lors de la campagne interne de désignation du candidat du Parti socialiste, Delphine Batho rappelle que ceux-ci n’étaient pas commandés par les divers candidats en lice, mais par les médias. Les questions posées peuvent rejoindre celles que se posent les militants (savoir qui étaient le plus à même de battre Nicolas Sarkozy), mais aussi être parfois saugrenue et ne répondre qu’à l’agenda médiatique. Elle se demande par exemple quel est l’intérêt aujourd’hui de publier un sondage pour savoir qui sera le futur Premier secrétaire, comme cela a été fait cet été par un quotidien.

Sur ce point, Jérôme Sainte-Marie invite d’ailleurs chacun à la plus grande prudence sur les sondages réalisés entre le 1er juillet et le 15 août.

Pour Delphine Batho, le fait que le choix des militants du Parti socialiste corresponde aux vœux exprimés par les sympathisants dans les sondages montre qu’il existe une connexion entre le Parti socialiste et son électoral. Pour autant, elle rappelle que la désignation ne fait pas l’élection.

Enfin, les deux intervenants sont invités à faire part de leur regard sur le comportement des équipes de campagne de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal face aux sondages.

En terme de gestion des outils de mesure de l’opinion, Jérôme Sainte-Marie aura noté des différence substantielles entre les deux équipes de campagne. Il souligne, rejoint sur ce constat par Delphine Batho, qu’il est important pour le Parti socialiste d’en tirer quelques leçons. Le candidat de la droite y a consacré plus de moyens, et son état-major avait une relation différente avec les instituts de sondages. Il est surpris d’avoir constaté que son institut était interrogé lors de chaque publication de vague le mardi soir par les équipes du candidat Nicolas Sarkozy, tout comme celles de nombreux petits candidats, et moins par celle de Ségolène Royal

Delphine Batho avait d’ailleurs déjà souligné au cours du débat le fait qu’elle avait ressentie que nous étions moins bien armés face aux sondages que le camp adverse, de même que l’expérience de 2002 nous amenait probablement à une certaine forme de méfiance.

Elle rappelle qu’il est important de lire les sondages dans les détails et de ne pas simplement s’en tenir aux titres des journaux. Les sondages sont un instrument de compréhension de l’opinion et d’élaboration de la stratégie.

Elle souligne qu’au delà des enquêtes d’opinion ou d’intention de vote, il faut également travailler sur ces outils que sont le « bruit médiatique » (nombre de fois où le nom d’un candidat est cité par les médias), et améliorer les dispositifs de recueil du ressenti de terrain. En effet, les sondages reflètent souvent des tendances que l’on pouvait percevoir plus tôt dans les porte-à-porte, sur les marchés….

Source: site PS- La Rochelle 2007

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